Qu’est-ce qu’une secte ?

On emploie les termes de " secte " et de " sectaire " dans les domaines religieux, philosophique et politique. Ces mots évoquent plutôt quelque chose de négatif dans notre esprit. Personne ne veut être sectaire, et personne ne veut faire partie d’une secte.

Mais la signification du mot " secte " n’est pas du tout injurieuse.

Ce mot vient du latin secta qui veut dire " principe suivi, ligne conductrice, parti ". Le nom latin (d’après le dictionnaire Allemand Duden) est probablement dérivé du latin sequi (secutum), qui signifie " suivre ". L’adjectif " sectaire " – relatif à une secte – commence à apparaître au début du XVII° siècle. Notons qu’il y a un lien intéressant entre les mots " sequi " et " con-sequent " (en latin con-sequi - " suivre ensemble "). La plupart des dictionnaires définissent le mot " secte " au niveau religieux, comme une petite communauté, isolée des églises chrétiennes ou des religions traditionnelles.

Des ouvrages chrétiens traitent dans plus de détails du terme de " secte ". P. Honigseim écrit, entre autres, dans son livre " Religion : Passé et Présent ":

" Une secte est une structure liée fondamentalement à la religion, et qui a les caractéristiques suivantes : réduite en nombre, parallèle à une structure plus grande ; les membres se prennent pour des élites ; ils sont très proches les uns des autres ; ils sont partisans de minorités particulières ; ils s’intègrent plus difficilement (sont plus lents à s’intégrer à des groupes ou communautés voisins existants <note de l’éditeur>). Ils peuvent être victimes de persécutions, d’arrestation ou de mauvaise réputation. Leurs dirigeants font moins de bureaucratie et sont plus charismatiques (c’est-à-dire guidés par l’Esprit de Dieu, ou par ce qu’ils croient être l’Esprit de Dieu <note de l’éditeur>)."

Honigseim compare les sectes à l’église traditionnelle. Il divise les sectes en 3 catégories : la secte agressive, la secte tolérée et la secte intégrée. La première est d’apparence militante, alors que la deuxième rejette la violence et existe officieusement. La " secte intégrée " cède aux pressions venant de l’extérieur et fait des compromis. Toutes les sectes peuvent s’éteindre, ou s’éparpiller, après le décès de leur fondateur. La " secte agressive " est souvent persécutée et fortement disloquée. Ceux qui restent changent alors de catégorie. Une secte cesse complètement d’exister quand, par exemple, à l’arrivée de nouveaux membres ayant un autre style de vie, on fait des compromis, ou lorsque quelqu’un s’adapte en cédant aux conditions imposées par la pression extérieure.

R. Mayer déclare que, d’après la définition de l’église protestante, les sectes sont " des communautés religieuses spéciales, qui divergent des églises traditionnelles et libres sur des points cruciaux." Ce ne sont pas des églises au sens de l’ecclesia visibilis universalis (l’église universelle), mais subsistent " fondamentalement, à l’intérieur du champ Chrétien " (Cf.Religion: Passé et Présent).

Des traductions bibliques emploient le mot " secte " à la place du Grec hairesis, comme Luther dans '1545 Biblia Germanica', dans ACTES 5:17 ; ACTES 15:5 ; ACTES 24:5  etc.

Après la définition donnée ci-dessus, plusieurs questions se posent :

1. Avons-nous le droit d’appeler une minorité une " secte "? Où est la limite ?

2. Après la définition donnée ci-dessus, les sectes sont-elles dérangeantes ? Quand on pense aux débuts de la Réforme, aux Cathares et aux Albigeois, aux Hussites et aux Huguenots, et même aux tous débuts du christianisme : eux aussi correspondraient à cette définition. De plus, n’est-il pas important pour chaque Chrétien de garder ses principes et de défendre la vérité, au risque de sa liberté-même et de sa vie ? (" Vous pouvez leur prendre la vie, les biens, l’honneur, la femme, les enfants, etc... mais ça, vous ne pouvez pas leur prendre.")

Pensez aux Guerres de Religion, au temps d’Hitler. Qui décide quelles divergences dans l’enseignement ne sont que des divergences " mineures " pour l’individu ?

3. Par définition, les sectes sont des groupes réduits en nombre. Nous savons toutefois que par exemple. les Témoins de Jéhovah, les Mormons, etc, sont nombreux. Cela veut-il dire que le faux devienne vrai juste en voyant le nombre de ses membres s’accroître ?

Nous devons considérer d’autres critères. Je suggère à ce propos de vérifier point par point une communauté qui se dit " Chrétienne ":

  1. Prêchent-ils le JESUS de la Bible ? (1 JEAN 4:1-3)
  2. Le reconnaissent-ils comme SEIGNEUR ? (1 CORINTHIENS 12:3)
  3. Ajoutent-ils quelque chose au salut en Jésus, condition qui se veut nécessaire ? (ROMAINS 3:28; GALATES 1:9)
  4. Acceptent-ils la Bible comme la Parole de Dieu ? Croient-ils que la Bible aie raison sur tous les sujets, tant qu’on la comprend correctement ?
  5. Ecoutent-ils les conseils, ou pensent-ils que leur église est sans défaut ?
  6. Envisagent-ils que d’autres églises puissent être de vrais disciples selon le Jugement de Dieu, ou croient-ils qu’il faille être un membre de leur église pour être sauvé ? et par conséquent tous les autres sont-ils privés du salut ? Nous reprochent-ils de manquer d’obéissance, d’imiter le Christ de manière ingrate, ou de ne pas avoir d’autorité...?

Si la réponse à toutes ces questions est oui, alors ce n’est pas une " secte ". De temps à autre, nous aurons différents niveaux de connaissance. Il se peut que nous ne soyons pas prêts à nous identifier avec certains points de l’enseignement ; mais nous reconnaissons nos frères. Il est de notre devoir de mettre le doigt sur certains dangers et fautes, donc de servir les frères comme c’est écrit dans JACQUES 5:19-20 et JUDE 23.

Mais pour quelqu’un qui "...va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ..." (2 JEAN 9), c’est autre chose. Les Ecritures disent " ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas: Salut! " (2 JEAN 10).

De nos jours, nous devons être très vigilants. Nous avons besoin de repères solides, que nous allons trouver dans la Parole de Dieu.

Traduit de l’Allemand : " Was ist eine Sekte?"

Source: 'Topic', No.6, 1986, Page 7