L'homme en fuite

Il y a environ un an, Ann Landers (une journaliste et conseillère conjugale bien connue aux Etats-Unis), saluait ses lecteurs habituels par la phrase suivante : "Voici l'article le plus difficile que j'aie jamais écrit". Elle continuait ainsi : "La femme qui a d'habitude réponse à tout n'a cette fois-ci aucune réponse". Après vingt ans de mariage, elle a divorcé.

Richard Roberts, le fils de l'évangéliste Oral Robert, a récemment annoncé que son mariage était terminé.

Le mois dernier, Anita Bryant, la chanteuse leader du mouvement contre l'homosexualité, annonçait qu'elle divorçait de son mari, avec qui elle était mariée depuis vingt ans. Son commentaire fut : "Ce n'était finalement pas aussi bien que ça ".

Trois mariages exemplaires, dont deux entre Chrétiens croyant en la Bible, étaient perdus dans le combat qui anéantit les familles dans notre culture. L'échec de ces mariages n'a pas grand-chose à voir avec le caractère ou la bonne volonté des personnes mentionnées ci-dessus, mais il est bien plus révélateur de la pression accablante qui pèse sur le mariage dans notre société.

Bien que ces assauts contre le mariage et la famille proviennent de tous les côtés en même temps, c'est surtout dans la grande vulnérabilité de la famille à un niveau individuel, dans notre société actuelle, que l'ennemi trouve un avantage considérable.

Derek Prince a fait une observation à laquelle j'adhère totalement, bien qu'elle soit formulée de manière abrupte : "Le problème de la famille, ce n'est pas que les femmes recherchent l'émancipation, c'est que les hommes fuient leurs responsabilités". A ce moment-là, on enseignait beaucoup de choses à divers endroits sur la façon dont les femmes doivent trouver leur vraie place et comment elles doivent trouver leur "refuge", c'est-à-dire se soumettre. Ce qui était alors enseigné était tout à fait indispensable et très vrai, mais l'accent mis sur le rôle de la femme paraissait provenir de circonstances anormales. Ce que je veux dire par là est la chose suivante : aux débuts du mouvement pentecôtiste, la majorité des auditeurs étaient des femmes, et le fait que les femmes se conduisent dans leur couple conformément à l'Ecriture Sainte étant un besoin fondamental, on a mis l'accent de façon assez disproportionnée sur le rôle de la femme. Qui aurait été plus à même d'enseigner cela que des professeurs bibliques de sexe masculin !

Notre diagnostique du problème était correct ; à l'intérieur de l'église, l'ordre de la famille devait être restauré, mais l'ordonnance ne convenait pas tout à fait. La racine du problème dans une famille n'est pas toujours une femme rebelle, ou encore une femme qui ne se soumet pas. Le plus souvent, c'est un mari déloyal qui fuit sa responsabilité en tant qu'époux et père, et qui, par son échec, permet que sa femme prenne les rênes de la famille. Quand un homme assume finalement sa place dans la famille et commence à assumer son rôle de guide, conformément à ce que dit la Bible, normalement la femme soupire : "Il était temps !".

Après vingt-quatre ans de mariage, je ne doute plus que la tendance à éviter la responsabilité soit profondément ancrée dans la nature de l'homme. Il y a quelques temps, j'étais en avion quand l'écriture suivante m'est venue à l'esprit : "Son mari est considéré aux portes, lorsqu'il siège avec les anciens du pays" (PROVERBES 31:23).

Le succès ou l'échec rencontré dans la vie d'un homme se mesure plus fortement dans le cadre de la famille que dans le travail. Le succès remporté dans n'importe quel autre domaine ne compense pas un échec au sein du foyer ! Lorsqu'un pasteur ou un ancien abandonne son office, c'est souvent à cause de soucis ou de problèmes familiaux. Parmi les principales entreprises de notre pays (les Etats-Unis), quelques-unes invitent même les femmes des futurs employés aux entretiens parce qu'elles ont découvert qu'une femme heureuse et équilibrée est le signe qu'un homme a du succès en affaires. Un homme qui réussit à la maison va vraisemblablement réussir de même dans son travail. Par conséquent, quand on parle avec un homme seul, on parle en fait seulement à "la moitié" de cet homme. "L'autre moitié" va vraisemblablement fournir une image plus réaliste de ce qu'il est vraiment. C'est à travers sa femme que l'on peut reconnaître si un homme a réussi sa vie ou bien s'il a échoué.

La famille n'est pas une idée de dernière minute que Dieu a rajoutée à Son plan, une institution utile qui répond aux besoins de l'homme et de la femme.

Les relations entre le mari, la femme et la famille sont au centre du plan de Dieu pour l'humanité, et plus particulièrement pour son peuple élu.

Premièrement, c'est la relation entre mari et femme qui est la fondation de l'église et de la société. La philosophie de la société moderne établit que l'individu est l'entité de base de la société. Dans l'ancienne Israël, Dieu avait prévu que la famille soit l'unité de base sur laquelle se développerait la vie spirituelle et culturelle de la nation. Au sein de l'église, la maison devait être le centre de la vie spirituelle. Chaque foyer était censé être une église individuelle et créer les conditions indispensables au développement et au salut dans notre relation avec le Seigneur.

Deuxièmement, le mariage est comparé à la relation que Christ a avec Son église. Une bonne relation de couple devrait témoigner au monde de l'amour de Dieu, de Sa protection et de Son souci pour Son Peuple. Elle devrait être l'image d'un Dieu qui s'est offert Lui-même, qui est entré dans une alliance pour donner Sa vie pour Son peuple.

Troisièmement, la relation de couple est le terrain d'entraînement pour le développement personnel de notre vie spirituelle au sein du Corps de Christ. Beaucoup d'hommes sont conscients du fait que la source la plus précieuse de leur développement et de leur maturité, c'est leur femme. De manière très concrète, l'homme est marié à un "séminaire".

Quatrièmement, le mariage et la famille sont une partie naturelle de l'église au milieu d'une société fondée sur les principes du monde. Il n'y a pas de manière plus naturelle ni plus puissante de répandre la vie de Christ que par le témoignage solide, à l'image de Dieu, que représente un foyer chrétien. C'est un petit morceau de l'église qui a été planté dans votre voisinage.

Cinquièmement, le foyer et le mariage constituent un lieu de guérison et de repos. Le Seigneur voulait que le mariage soit une source qui apaise nos besoins humains les plus fondamentaux et les plus importants. Sans cette source d'encouragement, notre combat devient toujours plus dur et douloureux.

Une fois que nous comprenons que le mariage est au centre du plan éternel de Dieu et de l'accomplissement de Son royaume, il est alors facile de comprendre pourquoi les puissances de ce siècle essaient d'attaquer et de détruire cette vocation fondamentale des hommes et des femmes.

Les assauts contre la famille ne se font pas toujours avec grand tapage et de façon évidente. L'ennemi a préféré effectuer des changements raffinés et difficiles à percevoir au sein des structures fondamentales de notre société, ce qui a eu pour conséquence la destruction du foyer et de la famille, en les faisant tout simplement disparaître du devant de la scène. Permettez-moi d'énumérer six points fondamentaux qui relèguent le mariage et la famille dans un petit coin de la vie moderne.

1. L'individualisme : Notre société égocentrique met tous les accents sur l'accomplissement de l'individu. Si l'ego est au centre de la vie et si l'accomplissement personnel est le seul but, alors il est impossible de faire les sacrifices nécessaires à l'existence d'une famille. La carrière personnelle devient alors une justification facile pour le divorce, l'adultère, le célibat et un mariage sans enfant. De nos jours, beaucoup de ces mariages sont fondés sur le désir de prospérité personnelle, de bonheur et d'accomplissement personnel.

2. Les activités sociales : Par là, je veux parler des activités qui se pratiquent en dehors de la maison. Il y a seulement cinquante ans, les activités sociales les plus importantes étaient centrées autour de la famille. La famille organisait activités et divertissements. Les activités sociales modernes (malheureusement, beaucoup d'entre elles sont organisées par les églises) tendent à séparer les membres des familles plutôt que de les unir. Le père se rend au club de bowling, la mère à une association de femmes, et les enfants ont certaines obligations à accomplir dans le cadre de l'école. Dans une famille moderne, il arrive souvent que plusieurs jours passent sans même qu'un repas ne soit pris ensemble, ou sans qu'une soirée ne soit passée ensemble à la maison. Cette manière de vivre rend les membres de la famille étrangers les uns aux autres. Même s'ils vivent dans la même maison, ils ne sont pas réellement une famille.

3. Les diverses sources d'autorité : Notre société souffre d'une "plaie d'experts". Les écoles, l'Etat, les médecins, et un nombre infini de personnes qui "savent" de par leur profession, ont pris la place du père, celui qui sait ce qui convient le mieux à la famille. De nos jours, si un enfant a besoin de réponses, il ne demande plus à son père, mais plutôt à son professeur, ou bien il consulte un livre.

Les experts ont persuadé les hommes qu'ils ne savent pas comment être pères ou maris, et ils ont persuadé les femmes qu'elles ne savent pas ce que cela signifie d'être une épouse ou une mère. Personne ne peut plus rien faire sans l'avis d'un spécialiste. Une telle dispersion de l'autorité n'apporte pas la sécurité et la santé, mais plutôt davantage de confusion.

4. L'échange des rôles : Les hommes perdent leur virilité et les femmes leur féminité. Non seulement les caractères fondamentaux de l'homme et de la femme sont détruits, mais les rôles qui leur sont associés sont également dilués et même éradiqués. C'est toute la structure juridique et sociale de la société qui détruit le rôle du mari en tant que guide, protecteur et pourvoyeur ! Elle détruit aussi le rôle de la femme comme "aide" et maîtresse de maison. Les hommes deviennent efféminés et passifs tandis que les femmes deviennent toujours plus masculines et agressives. Par conséquent, les enfants n'ont pas une compréhension claire du rôle qui incombe à leur sexe et ils n'ont pas de modèle à suivre.

5. Des fondements non bibliques pour la morale et l'éthique : Une éthique qui s'adapte à des situations précises et le relativisme veulent nous faire croire qu'il n'existe pas de valeurs absolues à partir desquelles on peut juger de ce qui est normal et juste. Il n'y a plus de "règles" indiquant comment un mariage devrait être établi, ou bien comment éduquer les enfants. Chacun peut faire ce que bon lui semble. Tout ce qui en résulte n'est que chaos.

6. Le fondement économique de la société ne se trouve plus au sein du foyer. Il y a cent ans, le fondement économique de la société se trouvait encore au foyer. L'entreprise familiale, l'agriculture ou le travail à la maison représentaient le pilier de notre société. Cela impliquait que les pères étaient normalement à la maison et qu'ils formaient leurs fils dans le métier ou le travail qu'ils exerçaient eux-mêmes.

La structure économique complexe de notre société exige normalement qu'un père travaille en dehors de la maison, souvent plusieurs jours de suite. Cela signifie que l'indépendance économique n'est plus garantie au sein de la famille, mais qu'elle est garantie par une entreprise, le gouvernement ou les syndicats. Le taux d'inflation et la pression pour se maintenir à un certain niveau de vie mettent beaucoup de familles dans une situation telle que les deux parents doivent travailler. Par conséquent, les enfants doivent aller à la garderie, et les mères dépensent une grande partie de leur énergie en dehors de la tenue du foyer et de la famille. Notre structure économique complexe contribue en outre à la grande mobilité et à l'instabilité de notre société. Rare est la famille qui vit près des grands-parents, oncles ou tantes.

Le manque d'identité à l'intérieur d'une structure familiale déterminée détruit la conscience d'un certain héritage, ainsi que la responsabilité et le respect envers les personnes âgées. Lentement, les fondements de notre société sont détruits. Le chaos et la confusion d'une société sans familles saines se reflètent dans la montée de la criminalité et un taux de divorce croissant, par l'augmentation de l'homosexualité dans une grande ampleur et le déclin général de la moralité. Un important pourcentage provient de la dégénérescence de nos familles, et du fait que le mari a fui les responsabilités que Dieu lui a données.

Très souvent, j'envie les jeunes couples de Chrétiens que je rencontre et qui désirent s'engager dans le mariage. Deux jeunes gens qui débutent leur mariage avec une compréhension chrétienne claire des concepts de maturité, de loyauté, et des exigences inhérentes aux rôles attribués par Dieu à l'homme et à la femme, commencent sur des fondations solides, qui ont manqué à beaucoup d'entre nous, y compris ceux qui étaient croyants. Pour ceux qui n'ont pas commencé leur mariage sur des fondements bibliques, le chemin vers un renouvellement biblique est souvent long et douloureux. Souvent, nous réalisons combien nous nous sommes éloignés, en tant qu'êtres humains, de l'image de Dieu, seulement lorsque nous commençons à revenir vers elle.

La façon de retourner à la réalité biblique dans notre mariage est souvent aussi importante que la décision même d'y revenir. A cet égard, l'homme joue un rôle décisif. C'est à lui qu'il appartient de saisir la plénitude des possibilités que Dieu a prévues pour le mariage. Il ne suffit pas de percevoir seulement quelques-uns des problèmes fondamentaux de notre mariage, d'opérer quelques changements dans nos habitudes de vie ou de parler une ou deux fois avec un ministre de l'église, puis d'attendre que tout rentre dans l'ordre. Malheureusement, beaucoup d'hommes ont une idée vraiment naïve de ce que signifie le fait de remettre de l'ordre dans leur mariage. Quand un couple revient de chez le pasteur, après une session de conseil conjugal, le mari respire profondément et dit : "Je suis content que ce soit fini ; maintenant, nous pouvons continuer comme d'habitude". Il se croit arrivé au but dès qu'il a identifié le problème ; en fait il s'agit seulement du commencement !

Chaque mari qui croit que la bataille est gagnée dès qu'il est sorti de la maison du pasteur doit s'attendre à un réveil incroyablement brutal. A peine le voyage commencé, il va découvrir en lui-même le désir de prendre la fuite ! Si un mari s'est jamais considéré comme un guide, alors ses illusions vont vraisemblablement s'effondrer quand il se mettra à diriger son mariage, si ce n'est avant. Voici les sept fautes les plus répandues généralement commises par les maris sur le chemin du retour.

Il y a environ 10 ans, j'ai commencé des réunions régulières avec un groupe d'hommes accompagnés de leur femme dans l'objectif de découvrir quelques fondements bibliques aidant au développement spirituel et à la formation de disciples. Avant notre première réunion, j'ai jeûné et j'ai cherché le Seigneur pour trouver le premier pas sur ce chemin. Je m'attendais à ce que le Seigneur dise que nous devions lire quelques passages importants de la Bible. Ou bien peut-être exigerait-Il de nous un grand sacrifice, ou commanderait-Il une promesse retentissante. Mais au troisième jour de jeûne, le Seigneur, très doucement, mit les mots suivants dans mon Esprit : "Efforce-toi d'obtenir le respect de ta femme !"

Quelque peu contrariés vis-à-vis du Seigneur au sujet de l'instruction qu'Il avait donné, nous nous sommes réunis ce soir-là autour de la table du salon, et nous avons demandé à nos femmes si elles nous respectaient vraiment. Dix ans après, nous essayons toujours de gagner ce respect ! L'un des reproches les plus fréquemment exprimés par nos femmes ce soir-là était le manque continuel d'initiative de la part de leur mari et le fait que ceux-ci ne dirigeaient pas le foyer. En questionnant des femmes chrétiennes, Bill Gothard a découvert que leur plus gros problème avec leur mari était l'échec de ceux-ci à diriger vraiment la famille sur un plan spirituel. Ceci concerne en particulier les épouses de ministres ! Une femme désire vraiment qu'on la guide. Il y a très peu de femmes qui ne voudraient pas du tout se soumettre à la direction de leur mari. Trop souvent, rien ne change fondamentalement dans un mariage jusqu'à ce que la femme menace de partir, fasse une dépression nerveuse, ou bien empêche son mari de dormir trois nuits durant à cause de ses pleurs continuels. Alors, la plupart du temps, le mari demande gentiment : "Y a-t'il quelque chose qui ne va pas, chérie ?" Il aurait déjà dû poser cette question six mois plus tôt. Un mari chrétien peut passer de nombreuses heures à servir son assemblée, à donner des témoignages enflammés auprès de ses voisins pendant toute une soirée, ou bien à consoler quelqu'un qui a perdu un proche pendant tout un week-end. Pourtant, pour ce qui est des problèmes qui tracassent sa femme, il n'a souvent pas le temps de parler avec elle, de l'écouter et de prier avec elle.

"Chéri, nous avons à peine échangé quelques mots au cours des six dernière semaines !" soupire la femme. "Tu as raison, Chérie", dit son mari avec tendresse. "Ce soir j'ai cinq minutes, de quoi veux-tu me parler ?"

Un mari qui guide vraiment sa femme va trouver une occasion pour qu'elle puisse lui parler régulièrement et à cœur ouvert de ses besoins et de ses sentiments. C'est le devoir du mari que d'avoir une perspective spirituelle pour sa famille, et de conduire sa femme et ses enfants dans tout ce que le Seigneur a prévu pour eux en tant que couple et famille. Cela signifie, naturellement, que le couple et la famille auront à peu près autant besoin de temps, de force et de prière qu'il n'en faut pour son travail dans le monde.

2. Une mauvaise appréciation de la réalité

Les Ecritures Saintes commandent au mari de "montrer de la sagesse" dans leur "rapport avec leur femme" (1 PIERRE 3:7). La Parole de Dieu nous dit que la femme est le vase le plus fragile, et que nous devons apprendre à évaluer la condition de nos femmes et de nos enfants d'après leur état spirituel, psychologique et physique. La première fois que Judy m'a dit qu'elle ne voulait plus aller aux réunions, j'ai pensé qu'elle était tombée. Nous étions allés "seulement" à quarante-trois réunions en l'espace de deux semaines.

Si j'avais compris alors comment apprécier la réalité d'après l'état de ma femme, j'aurais compris que nous avions voyagé plus que le Seigneur n'en attendait de nous. Il y a quelque chose chez la plupart des hommes, qui les pousse à sacrifier sept jours par semaine, dix-huit heures par jour à leur travail, qu'il s'agisse d'un travail du monde ou d'un travail spirituel ; et même cela n'est pas encore suffisant. Si le repos avait été naturel pour les êtres humains, le Seigneur ne nous aurait pas ordonné de se reposer un jour par semaine.

La plupart des hommes, particulièrement ceux qui ont un ministère, rayent ce commandement de leur Bible. Nous racontons à nos femmes combien nous travaillons dur, combien nous souffrons pour Jésus et pour la famille, mais en même temps nous savons au plus profond de nous-mêmes que nous aimons réellement ça !

Les hommes ont tendance à mesurer l'état de leur mariage au nombre de disputes qu'ils ont. Si nous ne nous sommes pas disputés dans notre couple depuis trois semaines, alors nous avons le sentiment que nous nous entendons plutôt bien l'un avec l'autre. Nous essayons d'évaluer notre mariage d'après ce que nous voudrions qu'il soit, plutôt que d'après ce qu'il est vraiment. La plupart des hommes se voilent la face par rapport à la condition réelle de leur mariage. Il y a quelques signes cachés qu'un mari doit apprendre à détecter. Sa femme est-elle ouverte et affectueuse ? Prend-elle des initiatives et montre-t-elle de la joie à s'occuper de la maison et à cuisiner ? Est-elle heureuse de ses relations avec les enfants ? Est-elle facilement stimulée dans le domaine sexuel ? Est-elle en bonne santé physique et pleine d'entrain ? Te respecte-t-elle en tant qu'homme ? As-tu le courage de l'interroger à ce sujet ? A moins que des circonstances inhabituelles n'interfèrent dans ces différents domaines, un mari devra apprendre à discerner l'état véritable de sa propre vie et sa capacité à guider d'autres gens à partir de la santé et du bien-être de sa femme.

3. Les mauvaises réactions à d'anciennes blessures

Tous les maris ont déjà semé des blessures ou injustices dans la vie de leur épouse : par ignorance ou par un trop faible intérêt pour ses sentiments, par manque de conseils ou à cause de vieilles habitudes du passé. Le fait de récolter ce que l'on sème est évidemment une loi spirituelle immuable. Supposons que tu ne sois pas assez sensible aux sentiments de ta femme et à ses besoins financiers durant les dix premières années de ton mariage. Réalises-tu qu'une mauvaise gestion de l'argent peut poser des problèmes ? Il est pratiquement inévitable que l'amertume, le ressentiment et les blessures ne commencent à prendre de l'ampleur dans sa vie. Après dix ans de mariage, tu vas te rendre à une conférence biblique à l'attention des hommes, et l'orateur va dire : "Vous devez prendre en considération les besoins de votre épouse lorsque vous planifiez le budget de la famille". Parfaitement convaincu, tu rentres à la maison et, à partir de ce moment-là, tu es impartial et juste ; tu donnes même un peu d'argent de poche à ta femme. Tu penses que le problème a été résolu et qu'à partir de là tout va être rose. Cependant, tu n'as pas encore commencé à récolter les fruits. Nous adorons croire qu'un petit "Chérie, pardonne-moi, s'il te plaît !" va résoudre tous les problèmes. Mais quelquefois, cela va la frustrer davantage. La mauvaise graine que tu as semée pendant dix ans d'ignorance et d'indifférence va remonter à la surface, et tu devras certainement récolter ce que tu as semé, conformément à la loi de Dieu.

Tous les jardiniers peuvent nous dire que l'on ne se débarrasse pas des mauvaises herbes en les enfonçant dans la terre. Si tu fais cela, elles reviennent de plus belle. Après avoir été convaincu par le Seigneur du bon comportement à adopter à propos de l'argent, tu donnes à ton épouse beaucoup d'argent de poche et tu l'envoies dans les magasins s'acheter des vêtements neufs. Le soir même, tandis que tu admires ses nouvelles tenues dans la chambre, elle s'effondre et pleure : "Tu ne me donnes jamais assez d'argent !" C'est l'effet persistant d'une ancienne blessure ! Stupéfait, tu réponds : "Voici la chose la plus ridicule que j'aie jamais entendue. Tu viens juste de dépenser un tas d'argent pour ces vêtements". En agissant ainsi, tu enfonces dans la terre un fruit vieux de plusieurs années ; mais ne t'inquiètes pas, il ressurgira d'ici quelques mois !

Si nous sommes sages, nous nous appliquerons à reconnaître le fruit de blessures et de douleurs anciennes, même si notre comportement a déjà changé. Nous accepterons ce fruit avec amour, en réalisant qu'il est le résultat persistant d'anciennes blessures. Nous devrons être préparés à récolter ce vieux fruit pendant un certain temps, spécialement lorsque les blessures et les négligences envers notre épouse ont duré longtemps et qu'elles étaient sérieuses. La dimension et l'étendue de la récolte sont en rapport direct avec l'étendue de ce que nous avons semé.

4. L'incapacité à écouter

Vraisemblablement, la plus grande capacité que peut développer un mari qui aimerait remettre de l'ordre dans son mariage, c'est la capacité à prendre du temps pour écouter son épouse. La femme a un sens infaillible pour découvrir si son mari l'écoute vraiment ou non. Peut-être parle-t-elle d'un problème dans son cours de travaux manuels, ou bien de la raison pour laquelle le four ne fonctionne pas bien, ou de ce que le voisin a fait à son fils. Soudain, elle dit : "Tu ne m'écoutes même pas". A chaque fois, tu as hoché la tête et dit : "Oui, chérie, bien sûr". Quelque part, elle savait exactement que, dans tes pensées, tu étais encore au bureau avec tes livres de comptes. Une fois, ma femme m'a parlé de sa journée et, soudain, je me suis rendu compte que je n'écoutais pas du tout, mais que j'étais en train d'évangéliser l'Europe de l'Est.

Très souvent, une femme n'a pas besoin de réponse ni même de commentaire. Quelque part, dans le cœur d'une femme, il y a le besoin de partager avec son mari ce qui se passe dans son monde à elle. Même si l'enfant du voisin ou la machine à laver en panne nous paraissent choses futiles à côté des gros problèmes que nous supportons dans notre vie quotidienne, nous devons réaliser que cela représente tout pour elle. Pour elle, une machine à laver en panne est aussi catastrophique qu'un échec au travail ne l'est pour nous. Une petite difficulté avec le voisin peut être pour elle aussi importante qu'une dispute avec notre patron ne l'est pour nous. L'un des plus gros obstacles pour écouter nos femmes, c'est notre incapacité à "détendre l'arc". Le goût particulier d'un homme pour son travail le maintient dans une tension continue, et la moindre stimulation l'y ramène en pensées. Les pasteurs et les gens ayant un emploi normal, mais sans horaires de travail réguliers, ont un penchant pour cette "maladie". Cependant, les hommes qui ont des horaires de travail réguliers rentrent eux aussi à la maison encore tendus, et ne veulent pas vraiment s'arrêter de travailler, même s'ils se trouvent dans le jardin, à l'église ou entre amis. Physiquement, nous sommes bien là, mais, mentalement nous sommes absents. Cependant, un arc qui est continuellement tendu va finir par perdre sa force et sa fermeté. Il est toujours tendu et jamais lâche. A un moment donné, chaque mari doit apprendre à mettre de côté toutes les responsabilités et tous les soucis de son monde, et à pénétrer dans l'univers de sa femme. Tant qu'il ne fait pas cela, il ne sera pas capable d'écouter sa femme !

Si nous ne sommes pas détendus, nous ne serons pas capables de reconnaître les signes invisibles d'un mariage malade. Notre ambition et notre manie du travail nous maintiendront sous haute pression, jusqu'à ce que notre femme craque, parce que la pression sera devenue trop forte pour elle.

En PROVERBES 13:12, il est écrit : “Un espoir différé rend le cœur malade…". Les promesses qui ont été rompues maintes et maintes fois occasionnent une blessure qu'il est presque impossible de guérir. Dans une profession fondée principalement sur les relations humaines, il est souvent très difficile de tenir ses promesses. Prenons le cas où j'ai promis à ma femme que je serai à la maison à six heures. C'est très important pour elle. Tout son emploi du temps de la journée est organisé en fonction du dîner familial. A 17h15, Monsieur Durand vient dans mon bureau en pleurant et me raconte que sa femme vient de quitter la maison en emmenant les enfants avec elle. Maintenant je dois décider de ce qui est le plus important : Madame Durand ou Madame Mumford ?

Même si l'on ne peut comparer la tragédie d'un mariage croulant sous les problèmes à un dîner à la maison, lorsque nous devons faire face à beaucoup de problèmes similaires, nous nous rendons compte qu'il y a des centaines de Madame Durand, mais seulement une Madame Mumford. Notre cœur compatissant nous pousse à passer cette soirée heure par heure avec Monsieur Durand et on oublie qu'il a négligé son mariage pendant vingt-trois ans, que cela pourrait prendre dix ans à le réparer. La vie future de Monsieur Durand ne dépend pas vraiment du fait que nous prenions une heure aujourd'hui plutôt que demain.

Certaines femmes sont poussées à se plaindre des contraintes imposées par le métier de leur mari, parce qu'elles ont fait l'expérience, tout comme leur famille, de déceptions continuelles dues à des promesses non tenues. Les Ecritures nous exhortent à ne pas faire de promesse à la légère. Dans ECCLESIASTE 5:4, il est écrit : "Mieux vaut pour toi ne point faire de vœu, que d'en faire un et de ne pas l'accomplir". Il est très facile de faire une promesse à sa femme quand on est sous la pression d'une situation difficile, et non parce que nous voulons vraiment répondre à ses besoins, mais parce que nous voulons apaiser un peu plus la douleur et nous esquiver face à une obligation. Au beau milieu d'une crise, nous serions capables de dire à notre femme : "Chérie, cet été nous partons en vacances". Mais quand l'été arrive et que notre femme va un peu mieux, nous oublions nos vacances. Mais elle, elle n'oubliera pas la promesse !

Notre chère épouse nous tient éveillé jusqu'à trois heures du matin et nous raconte combien les enfants et elle-même souffrent de ce que nous n'ayons pas passé une seule journée ensemble en famille pendant les deux derniers mois. Vu notre envie désespérée de dormir, nous promettons : "Chérie, ce week-end, nous nous prendrons une journée et partirons ensemble en excursion". Mais à l'approche du week-end, il survient un contretemps, et de nouveau un autre espoir a été déçu, son cœur a été blessé un peu plus et notre femme pense à Madame Durand qui a quitté la maison avec ses enfants.

Si tu as déjà promis quelque chose à ta femme et qu'elle a répondu : "Je te croirai seulement quand ce sera arrivé", tu sauras que tu as déjà failli à quelques-unes de tes promesses, et cela doit être réparé.

Une femme a besoin de plus que d'un mari, elle a besoin d'un homme. Une femme a besoin d'admirer son mari pour son caractère. La plupart des femmes n'exigent pas que leur mari soit parfait. Elles désirent seulement qu'il fasse preuve d'assez de maturité pour leur assurer la sécurité et la protection dont elles ont besoin. Je voudrais mentionner dix domaines fondamentaux dans lesquels chaque homme devrait se perfectionner et faire mûrir son caractère.

L'état spirituel : Un époux et un père devrait connaître la Parole de Dieu suffisamment bien pour donner des conseils adéquats à sa famille et la guider. Il devrait également être capable de juger de la condition de sa famille, autant que de celle d'autres personnes, conformément aux principes de Dieu, et d'agir en conséquence. Et il devrait être en mesure de manifester à sa famille la grâce, la bonté et la compassion du Seigneur, par sa prière et par ses prières et ses conseils.

La sphère sociale : Un homme devrait être capable de faire preuve d'un certain niveau en ce qui concerne les manières et la dignité, et il devrait ne pas se mettre sans cesse en avant, mais en même temps ne pas être trop timide ni effacé.

Le niveau intellectuel : Un homme ne doit pas avoir besoin d'un diplôme pour pouvoir évoluer spirituellement. Pourtant, il ne devrait épargner ni son temps, ni sa peine pour augmenter sa compréhension du monde qui l'entoure et des gens avec qui il vit.

Les finances : Des fiances prospères démontrent qu'un homme est capable de contrôler et de disposer de son argent, au lieu que ce soit son argent qui le domine.

Les situations de confrontation : Cela ne signifie pas qu'un homme doit être entêté ou maladroit, mais plutôt qu'il ait, par exemple, le courage de dire au serveur que le steak de sa femme n'est qu'à moitié cuit.

La sexualité : Un homme devrait être en position de conduire sa femme à l'épanouissement sexuel, en faisant preuve de compréhension et de maîtrise de soi.

La paternité : Je crois qu'aucun homme n'atteindra jamais la maturité totale dans ce domaine. Il apprend seulement à faire moins d'erreurs.

La virilité : Cela signifie qu'il peut maîtriser ses sentiments, qu'il est honnête et sincère, et qu'avant tout il a la capacité de prendre des initiatives et de tenir les rênes.

Les convictions : Un homme doit savoir en quoi il croit et pourquoi il y croit, même lorsqu'il est exposé à la pression et à l'influence des autres.

L'apparence extérieure : Un homme n'a pas besoin de ressembler à la couverture de "Paris-Match", mais il ne doit pas non plus traîner en guenilles toute la journée.

Nous devons progresser dans chacun de ces dix domaines. Normalement, nous avons atteint notre objectif six ou sept de ces domaines et, dans les trois ou quatre autres, nous faisons encore beaucoup d'erreurs. L'assemblée voit les sept domaines dans lesquels nous réussissons, mais il y a "quelqu'un" qui voit aussi les trois autres domaines que nous aimerions bien dissimuler. Lorsque la femme ne comprend pas les différentes étapes du développement de son mari dans ces domaines, cela peut être source d'insécurité, d'instabilité et altérer le respect qu'elle porte à son mari.

Quelque chose dans le caractère de la plupart des hommes a tendance à faire d'eux des "conciliateurs". Pourtant, ceci n'est pas la manière de rétablir la paix dont Jésus a parlé dans le "Sermon sur la montagne". C'est plutôt une sorte de mollesse. La plupart des hommes se retirent vite là où ils devraient faire face aux conflits et aux problèmes. Ils feront presque tout pour éviter une dispute ou un conflit à la maison. C'est pourquoi nous continuons à appliquer toujours plus de pansements sur la blessure, juste assez pour maîtriser les symptômes, au lieu de nous occuper de la cause réelle du problème. Si le Saint-Esprit n'était pas aussi fidèle dans le fait de nous ramener face à quelques-uns de nos problèmes, nous laisserions vraisemblablement la plupart d'entre eux sans solution, jusqu'à ce qu'ils détruisent notre mariage ou y portent atteinte jusqu'au point de non-retour.

Il existe deux causes principales aux conflits rencontrés dans le mariage. Très souvent, ceux-ci semblent ne pas se résoudre car le mari manifeste une réticence à prendre des initiatives et une incapacité à diriger sa maison.

Premièrement, le mariage repose sur des bases insuffisantes. Un problème fondamental et largement répandu est le manque d'assurance des partenaires quant à savoir si c'est bien l'entière volonté de Dieu qu'ils soient mariés ensemble. Un manque d'assurance à ce propos laisse place à des doutes tels que : "Le Seigneur m'a peut-être réservé un autre partenaire", ou bien : "Il se pourrait que ce ne soit pas le partenaire idéal pour moi". De tels doutes doivent être écartés et clarifiés devant le Seigneur, sinon on sera toujours dans l'incapacité de se livrer l'un à l'autre pleinement, et de se livrer aux joies du mariage.

Les relations sexuelles avant le mariage peuvent peser sur le couple en produisant des sentiments de culpabilité, ou les laisser incertains quant à leurs propres réactions sexuelles dans le cadre du mariage.

Quand les parents n'approuvent pas le mariage et n'accordent pas leur bénédiction, le mari, et, plus souvent encore, la femme sont en prise à un sentiment d'insécurité et de peur ; ils sont incapables de se livrer totalement l'un à l'autre sans aucune réserve. Un couple auquel la bénédiction parentale, pour une raison ou pour une autre, a été refusée, devrait purifier sa conscience en demandant pardon pour toute violation de l'autorité Biblique qu'il a pu commettre au début du mariage. Les relations avec les parents peuvent aussi être source de problème si le "cordon ombilical" entre les parents et le jeune couple n'est pas correctement coupé. Les parents ne devraient jamais essayer de rattacher le jeune couple à leur famille, mais plutôt de les laisser trouver leur propre identité en tant que famille, en particulier pendant les périodes de vacances et les moments où ils doivent prendre des décisions importantes. Pour qu'une nouvelle famille puisse être établie correctement, elle doit apprendre doucement, mais fermement, à trouver sa propre identité afin d'entretenir une relation saine avec ses parents, relation qui puisse ensuite évoluer et mûrir sans qu'aucune tension ou influence injustifiée ne pèse sur le couple.

Deuxièmement, il y a certaines différences dans la façon de concevoir la vie ou dans d'autres questions fondamentales qui n'ont peut-être jamais été tirées au clair. Ces différences peuvent être la compréhension des différents rôles de l'homme et de la femme dans le mariage, la gestion des finances, le rôle que l'activité professionnelle tiendra à la maison, l'éducation des enfants ou autres. Dans tous ces domaines, le mari doit être le chef, tout en amenant une solution ou un apaisement à chaque problème avec douceur, amour et en priant beaucoup. Quand ils seront confrontés à un sujet difficile, les partenaires devront apprendre à abandonner leurs prérogatives et leurs propres idées à la souveraineté du Saint-Esprit. Nous devons reconnaître qu'en vérité, aucun des deux partenaires n'aura les réponses à tout, mais que la volonté de Dieu et les révélations de la Parole vont proposer des compromis appropriés et acceptables.

Malgré tous nos efforts, il semble parfois que nous ne soyons tout simplement pas capables d'entreprendre les bonnes démarches afin d'effectuer les changements appropriés dans notre mariage et notre vie. Parfois, il s'avère trop difficile d'effectuer ces changements parce que nous n'avons pas appris certaines règles de vie fondamentales. Celles-ci pourraient nous épargner une foule de problèmes et de douleurs. J'aimerais te donner quelques tuyaux qui peuvent t'aider à faire les bonnes démarches.

La phrase-clé, ici, est : "Définis tes vraies priorités". Ta femme sait parfaitement ce que tu aimes le plus. Quand d'autres activités ou responsabilités supplantent en permanence les besoins de sa vie ou de la famille, elle commence à ressentir un manque d'intérêt et d'attention. Les gens nous demandent toujours plus de temps que nous ne pouvons en donner. Si nous n'avons pas la grâce de dire "non" au bon moment, notre mariage sera continuellement en danger.

L'une des difficultés et des déceptions les plus grandes qu'une femme peut vivre, c'est que dès qu'elle peut enfin passer quelques instants avec son mari, il soit physiquement et affectivement épuisé. Nous ne disposons que d'une certaine mesure de force. Notre travail, nos activités sociales, notre responsabilité dans n'importe quel office de l'église, et même notre temps libre nous prennent de l'énergie et de la vitalité.

Si nous ne veillons pas à garder un peu d'énergie et de vitalité pour notre femme, nous serons épuisés et incapables de donner ce que nous devrions investir dans la relation la plus importante de notre vie (après celle que nous avons avec Dieu). Si nous y regardons de plus près, nous constaterons qu'il y a un ou plusieurs "trous noirs" dans notre entourage qui ne font rien d'autre que de nous soutirer vie et force sans qu'aucune bénédiction ou aucun résultat ne soient perceptibles. Si nous n'avons pas un appel de Dieu très clair pour nous engager dans de tels domaines, nous devrions les éviter.

Un arc qui est continuellement tendu va finir par perdre sa tension et sa force. Quand nous franchissons le seuil de notre maison le soir, nous devons apprendre à nous détendre, à déconnecter, à être "à la maison". Un homme qui est toujours tendu et sur les nerfs, et dont le taux d'adrénaline est toujours trop élevé, ne sera jamais profitable à sa femme et à sa famille.

Cela ne signifie pas que nous devrions être flatteurs et hypocrites. La flatterie est une forme de mensonge, et elle s'exerce pour des motifs malhonnêtes. Les compliments sincères, les encouragements et l'approbation sont l'assaisonnement qui donne un bon goût à votre mariage.

Quand as-tu pour la dernière fois fait à ta femme un compliment sur un bon dîner, sa jolie tenue ou bien sur la façon dont elle tient la maison ? Un homme reçoit au moins une fois par mois le salaire pour le travail qu'il accomplit chaque jour. Mais beaucoup de femmes passent leur temps, jour après jour, à effectuer d'épuisantes taches domestiques, et elles ne reçoivent pour cela ni approbation, ni même un "Merci, Chérie".

Les enfants devraient être éduqués pour honorer leur mère et l'estimer, non seulement pour ce qu'elle fait, mais aussi pour ce qu'elle est. Le désir le plus profond d'une femme est de plaire à son mari et de gagner son approbation. Un homme qui souligne continuellement les fautes de sa femme, ainsi que ses faiblesses et ses échecs, sème la graine qui, un jour, détruira son mariage. Un homme peut être honnête là où c'est nécessaire et toujours donner une abondance d'approbations et de compliments, ce qui permettra à sa femme de faire face aux défis et aux exigences qui lui incombent en tant que femme au foyer et mère.

Cela peut vouloir dire que même dans la confusion la plus totale, tu devras agir comme si tu maîtrisais la situation. Un homme peut toujours prendre des initiatives, même sans savoir exactement ce qu'il faut faire. La question essentielle est de savoir s'il va pouvoir maintenir le contrôle et la direction des choses. Rien ne déstabilise plus une femme et une famille qu'un mari qui ne contrôle pas la situation et ne prend pas d'initiatives, en évitant d'affronter les événements. Parfois, la meilleure façon de maîtriser une crise est simplement de dire à tout le monde : "Asseyez-vous et restez tranquilles jusqu'à ce que je sache comment m'y prendre". Souvent, les épouses et les enfants défient les initiatives du mari, espérant intérieurement qu'ils vont ainsi se heurter à un mur. Les enfants, et aussi spécialement nos épouses, ont besoin de connaître leurs limites et où se situe la place de leur mari dans leur vie. Beaucoup de femmes m'ont raconté, lors d'une session de conseil conjugal : "Je mets mon mari sous pression parce que je veux connaître ses réelles convictions". Les maris peuvent s'épargner une foule de souffrances et de tensions dans leur couple s'ils apprennent simplement à exprimer leurs convictions et à s'y tenir.

Un mari peut soit sauver sa femme, soit la rendre capable de faire des choses. Un sauveteur va tirer sa femme hors de l'eau à chaque fois qu'elle coule ; pourtant, un homme qui favorise "rend capable" lui apprend à nager. Les femmes constatent souvent que nous traversons les situations désagréables ou difficiles à leur place. Cependant, nous voulons les aider à dominer de telles situations par elles-mêmes. Si nous aidons nos femmes à apprendre à gérer correctement des situations difficiles en les assistant par nos prières, notre aide et nos encouragements, elles vont grandir elles-mêmes, être plus en forme, et elles vont devenir pour nous un pilier dans leur rôle de femme et de mère.

Le fait que personne ne peut avoir d'autorité s'il ne se trouve pas lui-même sous une autre autorité est un principe du royaume de Dieu. Une femme va trouver une sécurité énorme auprès de son mari si celui-ci s'ouvre honnêtement et volontairement à un pasteur ou à un berger. Ainsi, un mari ne recevra pas seulement d'importantes corrections par un homme plus mûr dans le Seigneur, mais il trouvera également une opportunité d'ouvrir son cœur et de pouvoir parler des difficultés, des blessures, des frustrations et des injustices qu'il ressent dans son mariage.

Quand certains problèmes durent longtemps ou sont extrêmement agaçants, c'est très facile de devenir critique, amer et impatient vis-à-vis des fautes de ta femme.

La manière la plus simple et la plus efficace de combattre cette attitude négative, c'est de commencer à remercier le Seigneur pour toutes les faiblesses de ta femme. Cela te donnera la possibilité de développer de la patience, de l'amour et de la grâce dans ta foi. La prière et la détermination à cet égard peuvent accomplir des miracles en changeant de mauvais comportements.

Les problèmes qui se sont développés pendant des années ne peuvent pas se résoudre en une nuit. Il peut arriver que l'on doive attendre que soit rentrée toute la vieille récolte, que de nouveaux comportements se développent, et qu'un nouveau fruit puisse pousser. Dans certains mariages, cela peut prendre dix ans, ou même plus, avant qu'un changement apparaisse. Très souvent, les couples sont découragés par un séminaire ou un livre qui décrivent la relation idéale comme quelque chose de facile à atteindre. Nous devons savoir que beaucoup de problèmes que nous essayons de résoudre proviennent d'expériences remontant à l'enfance, de l'influence des parents, ou bien de comportements profondément ancrés en nous depuis des années. Ces facteurs ne changent pas rapidement ou facilement ; ils nécessiteront de nombreuses années d'apprentissage, de prière et de grâce de Dieu pour être complètement résolus.

Le succès dans n'importe quel autre domaine n'excuse pas l'échec à la maison.

Que tu sois président de Peugeot, évangéliste, pasteur ou un homme d'affaires prospère, ou si tu as gagné dix mille personnes à Christ, mais que tu perdes ta femme et ta famille, alors, en réalité, tu as tout perdu !

Je crois que l'église va vers les temps les plus palpitants qu'elle ait encore jamais connus. Mais elle arrive également dans la phase des plus grandes épreuves et tentations de son histoire. Ce sera un jour merveilleux et passionnant lorsque nous irons combattre sur le front de la bataille pour l'Evangile. Cependant, si nous ne prenons pas maintenant le temps de chérir notre mariage, nous pourrions être rejetés lorsque la trompette sonnera, parce que nous avons échoué dans la mission fondamentale que le Seigneur nous a confiée.

par Bob Mumford

Traduit de l'allemand : "Der Mann auf der Flucht"

Source : "Wiederherstellung", octobre 1982