Les milliards du Vatican

L'origine de la richesse colossale actuelle de l’église catholique :

Ce qui suit est un extrait du chapitre 26 du livre " Les milliards du Vatican " écrit par Avro Manhattan.

L’accumulation spectaculaire de richesses de l’ église catholique est un phénomène relativement récent. Il a commencé lorsque le saint siège a été privé des Etats Pontificaux par les italiens en 1870. Ces états incluaient Rome elle-même et comptaient près du tiers de la péninsule italienne.

C’est alors que l’église ca tholique a commencé à accumuler des richesses selon la formule de réussite du monde moderne, industriel et financier. Ses fondements principaux furent toutefois posés par le Pape Benoît XV (1914-1922) pendant et après la Première Guerre Mondiale (1914-18).

C’est l’origine de la politique actuelle du Vatican, pour qui les investissements des papes et de l’église et ne devraient pas être limités par des considérations politiques ou religieuses mais devraient plutôt être traités uniquement sur la base d’une bonne entreprise, concrète et profitable.

Le Vatican à cette époque n’avait pas les ressources en espèce qu’il reçut du fascisme italien une décade plus tard, mais il avait suffisamment de millions pour investir dans les marchés mondiaux. Benoît XV, pour prouver qu’il ne plaisantait pas quand il a promulgué la nouvelle politique à bref délai, a investi la majeure partie de l’argent du Vatican.

Où ? A l’ombre des croisades pontificales ! Dans l’immobilier de l’Empire Turc ! Ce fut le début d’une route qui allait élever l’église catholique dans les hauts rangs des sociétés milliardaires du vingtième siècle.

En 1929, au moment du Traité du Latran, le trésor de l’Etat du Vatican est devenu un fonds officiel. La même année, Mussolini a remis plus de 1750 millions de Lires (l’équivalent de 100 millions de Dollars) au Vatican comme un règlement définitif de la question romaine.

Le Pape Paul XI, pas moins bon commerçant que Benoît, investit une grande somme aux Etats-Unis immédiatement après la chute des marchés. Ce mouvement fut profitable car après la grosse dépression des années 30, l’église en tira des profits colossaux lorsque l’économie américaine s’est ressaisie.

Mais, tout en investissant largement aux Etats-Unis, le Vatican a été suffisamment astucieux pour investir une bonne partie de l’indemnité du Latran en Italie elle-même. Les résultats, comparés aux normes, furent stupéfiants. On estime que le Saint Siège détenait à ce moment-là entre 10 et 15 pour cent de toutes les actions et les parts inscrites à la bourse italienne.

Le périodique anglais, " L’Economiste " a dit : " Il pourrait théoriquement jeter l’économie italienne dans une grande confusion s’il se déchargeait soudainement de toutes ses parts pour les déverser sur le marché."

Ceci fut confirmé quelques années plus tard par le ministre italien des finances lorsqu’en février 1968, il déclara que le Vatican détenait des parts pour un montant approximatif de 100 milliards de lires.

La richesse de l’église, en plus de devenir une source d’embarras moral croissant, était devenue un dilemme financier. L’église se trouva alourdie par sa richesse, non seulement à cause de la collecte laborieuse de l’argent provenant de milliers d’organisations de religieux, d’ecclésiastes et de laïcs, mais également en raison de l’habileté des cerveaux financiers qui, depuis la Deuxième Guerre Mondiale ont investi les milliards du Vatican partout dans le monde avec une dextérité sans pareille. Leur compétence, avec l’aide de l’intelligence globale à leur disposition, a véritablement transformé les millions du Vatican en milliards.

Création spéciale d’un bureau d’investissements

L’accumulation de telles richesses colossales a rendu les méthodes aléatoires du passé obsolètes et même dangereuses. Le Pape a été contraint de mettre en place une préfecture spéciale des Affaires Economiques.

La préfecture, principalement dirigée par des américains, des français, des allemands et d’autres cerveaux, opérait surtout en dehors de l’Italie puisque les investissements avaient été répartis au niveau mondial. La célèbre maison juive des Rothschild – qui d’ailleurs a prêté de l’argent au Vatican à partir de 1831 – s’est démarquée par l’achat, la vente et la fusion de millions de parts et d’autres investissements au nom du Vatican.

Les opérations financières du Vatican peuvent par moments empiéter sur la semi-légalité en raison de leur diversité et de leur secret. Des scandales ont éclaté dans les années quatre-vingts à l’étonnement de millions de catholiques et au chagrin de beaucoup qui pensaient sincèrement que le Vatican était engagé seulement dans des opérations charitables.

Dans l’ensemble, cependant, ses investissements sont bien surveillés par des experts financiers, dont l’expérience est sans égale ! Les opérateurs financiers traditionnels sont majoritairement d’une fraternité non catholique de protestants, d’agnostiques, de non-chrétiens, de juifs et même d’athées.

Ses transactions financières traditionnelles ont été gérées pendant des années par la grande banque de J.P. Morgan de New-York (principalement pour les investissements américains), Ambros de Londres pour les investissements anglais et le Crédit Suisse de Zurich pour les investissements européens – sans oublier les affaires du Vatican, comme la Banco di Roma, la Banco Commerciale, et la Banco Santo Spirito.

Or, il ne faut pas oublier que de tout ce qui précède, seulement les " espèces " sont comptées comme les actifs financiers du Saint Siège. Nous avons exclu les propriétés foncières, l’immobilier, les terrains, les entreprises industrielles et commerciales détenues et contrôlées par l’église catholique en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, en Amérique du Nord, du Centre et du Sud. Il est impossible d’estimer la valeur réelle et actuelle des immenses possessions et des propriétés immobilières de l’église.

Rappelons que le Vatican – ou plutôt, l’église catholique possède des milliers et des milliers d’églises, de cathédrales, de monastères, de couvents et d’autres édifices dans le monde occidental.

Quelle est la valeur, en monnaie courante, du terrain sur lequel se dressent ces bâtiments ? Quelle est la valeur réelle des bâtiments eux-mêmes ? Si l’on donne des prix modestes pour les églises humbles et les salles paroissiales, à quel montant un agent immobilier estimerait-il, par exemple pour la Cathédrale St. Patrick de New-York, ou Notre Dame de Paris et St. Pierre de Rome, pour n’en citer que quelques-unes ?

Affirmer que ces biens ne sont pas la propriété de l’église catholique, revient à dire que la dictature communiste ne possède rien car tous les biens sont détenus par le peuple.

Quand l’église catholique vend une parcelle de terre ou en achète une, l’évêque en fonction signe l’acte, ce qui signifie que son siège en devient le propriétaire ou reçoit l’argent de sa vente. Si l’opération est localisée dans le diocèse ou supplée par la hiérarchie nationale ou par le Vatican, cette dernière n’est en fait pas concernée, puisque cela concerne en fait directement la propriété de l’église catholique.

Le gouvernement collecte des millions pour Vatican

Dans certains pays, non seulement l’église élude l’impôt mais l’Etat lui-même perçoit l’impôt en son nom. Cette absurdité a été l’une des particularités les plus extraordinaires de l’Allemagne qui " oblige " les citoyens allemands à payer un " Kirchensteuer " (denier de l’église).

Il a d’abord été inspiré par la Constitution de Weimer en 1919 et confirmé par le pacte entre Hitler et le Vatican dans leur Concordat de 1933. Le Kirchensteuer a été constitutionnalisé en 1949 après la Deuxième Guerre Mondiale.Le gouvernement catholique – ce sont des démocrates chrétiens – n’a pas seulement imposé la taxe de l’église à une population réticente mais a mis la machinerie de l’Etat à la disposition de l’église. Ce gouvernement encaisse l’impôt, impose son paiement et remet l’argent ainsi collecté à l’église.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, les citoyens allemands payaient en moyenne deux ou trois marks par année, En 1972, le montant a atteint entre cinquante-cinq et soixante marks.

Par conséquent, en Allemagne, en plus de jouir des avantages financiers dus à son infiltration habile de géants de l’industrie (ainsi qu’en Italie et aux Etats Unis), les coffres du Vatican ont été reconstitués avec les millions supplémentaires de la Kirchensteuer, à hauteur de quelques 350 millions de dollars par an. Le régime est le résultat du catholicisme politique qui a dominé la vie d’après-guerre pendant si longtemps.

Le plus gros courtier du monde

Par conséquent, une fois que les avoirs de l’église catholique ont été rassemblés, elle devient l’agent de change le plus redoutable du monde. Le " Wall Street Journal " disait que les opérations financières du Vatican aux USA ont été si importantes que très souvent, il a vendu ou acheté en une seule fois de l’or d’une valeur d’un million de dollars, ou plus.

C’est pourquoi le Vatican a été, et est encore l’accumulateur de richesses et le propriétaire de biens le plus redoutable qui soit. Personne ne sait avec certitude combien pesa ou pèse l’église catholique, ni sa valeur en terme de dollars ou en d’autres monnaies, pas même le Pape lui-même.

Telle est la véritable situation confirmée par un officiel du Vatican qui lorsqu’on lui a demandé de faire une estimation de la fortune du Vatican d’aujourd’hui, a répondu de façon très révélatrice " Dieu Seul le sait."

de Avro Manhattan

Source : 'Battle Cry', Septembre/octobre 1986